thibault marty, September 4 2018

Peut-on encore lancer une startup en 2018?

La version audio est directement accessible sur Medium : https://medium.com/@thibomcfly/peut-on-encore-lancer-une-startup-en-2018-f04c50cfc848

Le monde des startups va vite, très vite. Voici les principaux changements constatés selon moi au cours de ces 5 dernières années, et que toute personne qui lance une startup devrait connaître.

L’étude de marché ne suffit plus

Un premier point marquant est celui de l’étude de marché. Bien que nécessaire pour connaître son marché, la fameuse technique du sondage est en train de devenir obsolète pour 2 raisons :

Sans méthodologie, on fait dire ce que l’on veut aux chiffresLes startups confondent “trouver une solution à un problème” et “vendre un produit qui apporte cette solution” soit la différence entre Problem/Solution fit et le Product/Market fit.

Enfin, l’étude de marché a trop souvent tendance à faire partir sur de mauvaises pistes. Trop sûrs de leurs chiffres, les entrepreneurs se focalisent sur de mauvais problèmes, n’identifient pas leur véritable cible et peuvent carrément passer à côté de la solution.

L’étude de marché doit uniquement servir à connaître le marché et non explorer la solution.

L’importance d’être viable rapidement

Les 3/4 des startups que je rencontre ne sont pas du tout intéressées par l’argent. Je comprends que le principe de l’investissement et le chômage permettent de repousser au maximum le moment de se payer, mais il faut bien se rendre compte que l’argent est une ressource capitale pour avancer.

En creusant un peu, je constate que le problème n’est pas tant de gagner de l’argent, mais plutôt la peur d’en gagner et donc de vendre. Allez voir un client pour vendre un produit qui est en cours de réalisation, est une chose qui paralyse beaucoup d’entrepreneur. Pourtant l’objectif de tout entreprise est de gagner de l’argent.

L’idée que certaines startups aient besoin de financement pour vivre a généralisé l’idée de la levée de fond “nécessaire”. Navré, mais beaucoup de startup n’en ont pas du tout besoin, voir pire, la levée peut représenter un danger dans leur évolution.

Ainsi, une startup ne peut plus se permettre de viser une rentabilité à n+3 sous peine de ne jamais se mettre réellement à vendre.

Un niveau d’exigence toujours plus élevé

La vague Startup Nation est passée par là et toute personne sur internet s’est déjà faite harponner par la landing page d’une startup, proposant le dernier service à la mode et dotée déjà de “plus de 20 000 clients dans le monde”, mais qui aura pourtant déposé le bilan dans 6 mois.

Les utilisateurs demandent de plus en plus de crédibilité, une conversion ne se fait plus sur un coup de tête.

Un pitch ne suffit pas, une landing page avec une demande de mail non plus. Les stratégies classiques d’acquisition de prospect ont été plus qu’usées. Il faut se différencier et proposer une vraie stratégie de fond. Un funnel d’acquisition, du marketing automation, du contenu de qualité (copywriting), un référencement de base (le SEO n’est pas mort), et j’en passe.

Les startups ne doivent plus se contenter des bases mais doivent sortir des standards et proposer des éléments différenciateurs.

On pardonne l’audace, pas l’amateurisme. Vous ne pouvez pas être moins bon que vos concurrents.

L’essor du growth hacking

Toutes les méthodes, stratégies et techniques d’amélioration visant à atteindre plus de clients en réduisant son coût d’acquisition sont désormais monnaie courante. Cependant il faut bien différencier les niveaux :

Growth hacking basique comme le scraping, le cold emailing, etc. qui permettent de gagner du temps et se greffent à la stratégie marketing.Growth hacking avancé qui passe par une réelle stratégie d’acquisition (framework AARRR ou autre) avec du test constant pour améliorer ses résultats et qui est un pôle de développement en soi.

Aujourd’hui, je qualifierais le growth hacking de “easy to use, hard to master” car toutes les startups s’y sont mises (au moins de manière basique) mais peu en comprennent vraiment la puissance et l’utilisent correctement pour croitre.

Revers de la médaille, tout le monde se dit “growth hacker”, de l’apprenti codeur au confirmé en marketing… dur dur de s’y retrouver.

L’e-commerce concurrence les startups en terme de stratégie

L’e-commerce a su tirer son épingle du jeu en améliorant sa stratégie client au point de l’élever au rang d’art. L’évolution de la publicité sur Facebook, la popularité du dropshipping, des systèmes techniques pré-faits, comme Shopifyou Woocommerce, ont accéléré le développement d’une génération d’e-commercant en herbe.

Faire une e-commerce en partant de rien, en sourçant ses produits sur AliExpress et en les revendants 3 à 4x plus cher sur son shop ne requiert plus des compétences hors normes.

Le retour sur investissement en apate plus d’un et quand la concurrence est accrue et que l’on veut faire de l’argent rapidement, seule la différentiation et la compréhension client peuvent transformer un simple e-commerce en poule aux oeufs d’or.

Les chiffres d’un e-commerçant que j’ai rencontré. Il vient d’avoir 18 ans @hades.roy

Pour moi, les startups ont tout à gagner à s’inspirer des techniques issues du e-commerce pour accélérer leur développement. C’est d’ailleurs un des points forts des formations Spartan : tirer parti des expériences e-commerce pour les adapter au monde des startups.

Conclusion, startup ou pas startup ?

Startup, à condition de muscler son jeu !

La hype Startup a eu un effet pervers : montrer à chacun qu’il est possible d’entreprendre et de créer le boulot de ses rêves. Par contre, on a oublié de préciser ce qu’il en coûte : le temps et le travail que ça demande, les angoisses et la solitude que ça peut générer et tout un ensemble de choses que pas tout le monde est capable de supporter.

La startup n’est pas l’émancipation du salariat. Vous remplacez seulement votre employeur par des clients qui vous paieront uniquement si vous leur apportez de la valeur.

Alors si vous vous lancez, n’écoutez pas les grands gourous de la facilité. Seul le travail et le focus vous aideront à vous en sortir. Ne cédez pas au premier obstacle et apprenez de chacun de vos échecs, c’est le meilleur moyen de réussir.

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thibault marty

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